Affichage des articles dont le libellé est jose corti. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jose corti. Afficher tous les articles

vendredi 15 mai 2009

Julien GRACQ - l'AUTEUR en savoir plus

Homme secret et rétif aux honneurs, Julien Gracq (1910 – 2007) avait refusé le Prix Goncourt en 1951 pour son chef d’œuvre « Le Rivage des Syrtes ». Il figure parmi les très grands écrivains français, de ceux qui ont apporté un changement significatif dans la littérature et inventé un style. Il est l’auteur de 19 ouvrages nourris de romantisme allemand, de fantastique et de surréalisme. Julien Gracq écrit une seule pièce de théâtre en 1948,  inspirée par le Parsifal de Wagner : Le Roi Pêcheur, réécriture contemporaine du mythe du Graal, dont il n’accorde  pas ou très peu les droits de mise en scène. Il les confie à Laurence Arpi en 2002 qui adapte la pièce et la crée avec 13 comédiens en décembre 2006.  Cette lecture - spectacle, très théâtrale, est une étape de la reprise de la pièce avec les 13 acteurs dans le cadre du projet d'Hommage à Julien Gracq pour le centenaire de sa naissance en 2010. 
Pour tout savoir sur Julien Gracq visitez le site de son éditeur :  
 

mercredi 13 mai 2009

LE SENS CONCRET DU MERVEILLEUX

Bertrand Fillaudeau 
Directeur des éditions José CORTI  
(unique éditeur de Julien Gracq 
hors la parution de ses oeuvres à la NRF) 

"Remercions Laurence Arpi d’avoir par sa mise en scène audacieuse, mais respectueuse du sens profond de l’œuvre, rendu évidente la modernité et l’intemporalité de l’incursion de Gracq au théâtre et d’avoir rendu justice à l’un de ses principaux apports : le sens concret du merveilleux. 

L’important dans cette nouvelle mise en scène du Roi Pêcheur, c’est que cette version réécrite dans les années soixante et adaptée aujourd’hui par Laurence Arpi correspond aux besoins impératifs du théâtre. Le texte est plus resserré que le texte original comme si Julien Gracq et Laurence Arpi avaient voulu se garder d’un écueil : «  on emménage pas avec une pièce ; dès que le contact dramatique se relâche, la tension tombe et l’ennui n’est pas loin. » (J. Gracq dans Entretiens avec Jean Roudaut, p94) comme si Gracq prenait acte de son propre constat : «  je ne songeais pas du tout à la représentation en écrivant. » (idem p93). Cette tension, le spectateur la ressent ici puissamment d’autant que grâce à la mise en scène épurée et à ses acteurs, la dimension de « combat » est très perceptible tout au long des échanges entre les personnages ; même s’ils sont avant tout des figures et des symboles ils s’incarnent : c’est ce qui différencie totalement Le Roi Pêcheur du théâtre symboliste de Maeterlinck, dont pourtant il est proche par d’autres aspects. Le jeu d’Amfortas (Charles Reale) qui reste le centre de la pièce tout comme celui de Kundry (Leticia Gutierrez), qui porte les couleurs de l’auteur sont un autre point fort de cette mise en scène, qui met aussi en valeur la dimension mythique préférée par Gracq à la dimension psychologique pour laquelle il a peu de goût."

photo : Christelle Henry - tout droits réservés.