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mercredi 13 mai 2009

LAURENCE ARPI - UN PARCOURS HORS DES SENTIERS BATTUS









De l'art de l'acteur par le travail du corps

à l'approche d'un théâtre universel


Formée à l'école de l'entraînement corps et voix de l'acteur à Berlin et au Danemark (travail d'Eugénio Barba, Carlos Cuava, l'acteur universel, le théâtre multiculturel, théâtre Nô...), au Chemin du Théâtre à Paris (l'unité de l'interprète, l'apport de l'Orient...) et aux Master Classes de l'Atelier de Paris Carolyn Carlson (Yoshito Ohno, Omar Porras ...).

Avec sa compagnie, le théâtre du premier vol de l'hirondelle, créée en 2003 en région parisienne, elle fonde toute sa démarche théâtrale sur le corps et sa poétique comme passerelle vers des niveaux plus profonds d'interprétation et se met à l'épreuve du monologue (Ritsos...). Metteur en scène, elle dirige des formes pluridisciplinaires de spectacles (théâtre hors les murs, formes visuelles et musicales mêlant cirque danse et comédie...).

Elle met en scène son premier grand texte avec Le Roi Pêcheur, dans une vision caractérisée par un aspect très dessiné et pictural de l'espace et une grande exigence d'implication physique totale dans le jeu pour les acteurs.


Travaillant sur tout le territoire français et en Belgique, sa compagnie est désormais implantée en Ardèche Méridionale. Elle enseigne au sein de l'Ecole Départementale de Théâtre du 91, au Théâtre Ecole de Montélimar, au sein de divers stage et de sa propre Ecole des Arts Vivants de la Scène en milieu rural.

Attentive à la rencontre de nouveaux publics pour le théâtre, elle fonde Le théâtre est dans le pré, festival de spectacles vivants en milieu éloignés de l'offre culturelle majoritaire (Pays Mornantais).

LE SENS CONCRET DU MERVEILLEUX

Bertrand Fillaudeau 
Directeur des éditions José CORTI  
(unique éditeur de Julien Gracq 
hors la parution de ses oeuvres à la NRF) 

"Remercions Laurence Arpi d’avoir par sa mise en scène audacieuse, mais respectueuse du sens profond de l’œuvre, rendu évidente la modernité et l’intemporalité de l’incursion de Gracq au théâtre et d’avoir rendu justice à l’un de ses principaux apports : le sens concret du merveilleux. 

L’important dans cette nouvelle mise en scène du Roi Pêcheur, c’est que cette version réécrite dans les années soixante et adaptée aujourd’hui par Laurence Arpi correspond aux besoins impératifs du théâtre. Le texte est plus resserré que le texte original comme si Julien Gracq et Laurence Arpi avaient voulu se garder d’un écueil : «  on emménage pas avec une pièce ; dès que le contact dramatique se relâche, la tension tombe et l’ennui n’est pas loin. » (J. Gracq dans Entretiens avec Jean Roudaut, p94) comme si Gracq prenait acte de son propre constat : «  je ne songeais pas du tout à la représentation en écrivant. » (idem p93). Cette tension, le spectateur la ressent ici puissamment d’autant que grâce à la mise en scène épurée et à ses acteurs, la dimension de « combat » est très perceptible tout au long des échanges entre les personnages ; même s’ils sont avant tout des figures et des symboles ils s’incarnent : c’est ce qui différencie totalement Le Roi Pêcheur du théâtre symboliste de Maeterlinck, dont pourtant il est proche par d’autres aspects. Le jeu d’Amfortas (Charles Reale) qui reste le centre de la pièce tout comme celui de Kundry (Leticia Gutierrez), qui porte les couleurs de l’auteur sont un autre point fort de cette mise en scène, qui met aussi en valeur la dimension mythique préférée par Gracq à la dimension psychologique pour laquelle il a peu de goût."

photo : Christelle Henry - tout droits réservés.