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dimanche 17 mai 2009

LE MOT DE JEROME GARCIN

 
Le Nouvel Observateur
Novembre 2006  



"C'est d'ailleurs une metteuse en scène de 34 ans, Laurence Arpi, qui a choisi de ressusciter à Saint Hilaire de Riez, soixante ans après sa rédaction, l'unique pièce de Julien Gracq, "Le Roi Pêcheur". Et le plus beau voyez vous, c'est qu'il a proposé des coupes dans un texte qu'il juge aujourd'hui trop "verbeux" et même d'enlever certains de ses personnages. Devant la jeune femme, le magistral écrivain des fééries, le géographe de l'imaginaire, le magicien des mots, le dernier de nos grands stylistes, a plaidé pour la simplicité de la scénographie et l'humilité des mots. Et c'est ainsi que Gracq est grand". 

jeudi 14 mai 2009

LE ROI PÊCHEUR - nouvelle version solo

Après l'avoir monté avec 13 acteurs en scène et projetant la reprise pour 2010, la comédienne et metteur en scène Laure Lumière (Laurence Arpi) propose aujourd’hui une présentation, seule en scène, de cette œuvre unique. Elle y évoque sa correspondance et ses rencontres avec Julien Gracq ainsi que le parcours de l’adaptation et de la création de la pièce. Elle joue des passages choisis, interprétant tour à tour les différents personnages. Evitant la linéarité, elle s’attache à faire ressortir l’architecture du sens et les enjeux des personnages d’une manière vivante, simple, respectant l’authenticité de sa démarche auprès de l’auteur.

Réécriture contemporaine du mythe du Graal, Le Roi Pêcheur nous plonge dans un univers à la frontière du réel et du symbolique. L’écriture de Gracq, revisitée pour les besoins du théâtre sert une œuvre sans âge dont les échos parviennent aujourd’hui jusqu’à nous : une pièce mythique et atemporelle qui pose la question universelle de la rédemption possible de l’humanité à travers la rencontre de Perceval et du Roi Pêcheur … Un texte actualisé par la Compagnie du 1er vol de l’hirondelle dont l'actualité éclairée et la densité du rythme surprennent ceux qui ont la curiosité de s’y pencher.

Moment très agréable qui donne envie de voir l'intégralité de la pièce."


"Magnifique interprétation qui nous fait pénétrer au cœur du drame humain, qui nous oblige à assumer nos désirs, nos limites sans que la délivrance vienne par un envoyé providentiel."

"Merci pour cette superbe soirée, j'ai découvert Julien Gracq; demain j'achète le roi pêcheur et nous le lirons, nos enfants aussi. "

"Merci pour cette découverte d'une œuvre secrète, et merci surtout pour cette émotion partagée."

"Très belle introduction à la lecture ou à la représentation de la pièce dans son ensemble."
"Bien, vivant, émouvant, cela me donne envie d'aller plus loin."

"Simple lecteur de Julien Gracq, j'ai eu à ce jour deux grands privilèges : rencontrer Julien Gracq quelques semaines avant sa mort et assister ce soir au roi pêcheur admirablement revisité par Laurence Arpi."

photos : Christelle Henry - tout droits réservés.

mercredi 13 mai 2009

LAURENCE ARPI - UN PARCOURS HORS DES SENTIERS BATTUS









De l'art de l'acteur par le travail du corps

à l'approche d'un théâtre universel


Formée à l'école de l'entraînement corps et voix de l'acteur à Berlin et au Danemark (travail d'Eugénio Barba, Carlos Cuava, l'acteur universel, le théâtre multiculturel, théâtre Nô...), au Chemin du Théâtre à Paris (l'unité de l'interprète, l'apport de l'Orient...) et aux Master Classes de l'Atelier de Paris Carolyn Carlson (Yoshito Ohno, Omar Porras ...).

Avec sa compagnie, le théâtre du premier vol de l'hirondelle, créée en 2003 en région parisienne, elle fonde toute sa démarche théâtrale sur le corps et sa poétique comme passerelle vers des niveaux plus profonds d'interprétation et se met à l'épreuve du monologue (Ritsos...). Metteur en scène, elle dirige des formes pluridisciplinaires de spectacles (théâtre hors les murs, formes visuelles et musicales mêlant cirque danse et comédie...).

Elle met en scène son premier grand texte avec Le Roi Pêcheur, dans une vision caractérisée par un aspect très dessiné et pictural de l'espace et une grande exigence d'implication physique totale dans le jeu pour les acteurs.


Travaillant sur tout le territoire français et en Belgique, sa compagnie est désormais implantée en Ardèche Méridionale. Elle enseigne au sein de l'Ecole Départementale de Théâtre du 91, au Théâtre Ecole de Montélimar, au sein de divers stage et de sa propre Ecole des Arts Vivants de la Scène en milieu rural.

Attentive à la rencontre de nouveaux publics pour le théâtre, elle fonde Le théâtre est dans le pré, festival de spectacles vivants en milieu éloignés de l'offre culturelle majoritaire (Pays Mornantais).

LE SENS CONCRET DU MERVEILLEUX

Bertrand Fillaudeau 
Directeur des éditions José CORTI  
(unique éditeur de Julien Gracq 
hors la parution de ses oeuvres à la NRF) 

"Remercions Laurence Arpi d’avoir par sa mise en scène audacieuse, mais respectueuse du sens profond de l’œuvre, rendu évidente la modernité et l’intemporalité de l’incursion de Gracq au théâtre et d’avoir rendu justice à l’un de ses principaux apports : le sens concret du merveilleux. 

L’important dans cette nouvelle mise en scène du Roi Pêcheur, c’est que cette version réécrite dans les années soixante et adaptée aujourd’hui par Laurence Arpi correspond aux besoins impératifs du théâtre. Le texte est plus resserré que le texte original comme si Julien Gracq et Laurence Arpi avaient voulu se garder d’un écueil : «  on emménage pas avec une pièce ; dès que le contact dramatique se relâche, la tension tombe et l’ennui n’est pas loin. » (J. Gracq dans Entretiens avec Jean Roudaut, p94) comme si Gracq prenait acte de son propre constat : «  je ne songeais pas du tout à la représentation en écrivant. » (idem p93). Cette tension, le spectateur la ressent ici puissamment d’autant que grâce à la mise en scène épurée et à ses acteurs, la dimension de « combat » est très perceptible tout au long des échanges entre les personnages ; même s’ils sont avant tout des figures et des symboles ils s’incarnent : c’est ce qui différencie totalement Le Roi Pêcheur du théâtre symboliste de Maeterlinck, dont pourtant il est proche par d’autres aspects. Le jeu d’Amfortas (Charles Reale) qui reste le centre de la pièce tout comme celui de Kundry (Leticia Gutierrez), qui porte les couleurs de l’auteur sont un autre point fort de cette mise en scène, qui met aussi en valeur la dimension mythique préférée par Gracq à la dimension psychologique pour laquelle il a peu de goût."

photo : Christelle Henry - tout droits réservés.